Nagant Serbe

La Norvège, qui avait acheté en 1883 une petite quantité de Nagant en 9,4 mm, désirait adopter une arme de poing unique pour son armée, et en doter aussi bien les officiers que les sous-officiers et hommes de troupes de différentes armes.

Le nouveau revolver norvégien, dénommé Modèle 1893, n'était autre que le Nagant suédois, doté tout simplement d'un guidon différent en forme de demi-lune.

On sait que la Serbie adopta également un revolver Nagant en 7,5 mm, à plusieurs milliers d'exemplaires mais différents auteurs citent comme date d'adoption 1874, ce qui nous paraît parfaitement impossible. La confusion vient sans doute du fait de la présence, sur les armes serbes, du système Abadie, lequel date bien de 1874. Une autre raison de cette confusion est sans aucun doute la grande rareté actuelle des revolvers serbes, ce qui a conduit différents auteurs à bâtir des hypothèses non fondées.

Le fabricant liégeois Abadie avait mis au point le système qui porte son nom et dont le colonel Schmidt fut le premier à s'inspirer pour son revolver Modèle 1882. Ce système, destiné à accélérer notablement le chargement ou le déchargement de l'arme, consiste à débrayer le chien par l'ouverture de la porte de chargement; à ce moment, il suffit de presser la détente pour faire avancer la chambre suivante en face de la porte, sans que le chien soit entraîné par ce mouvement.

Ce système fut adapté par les frères Nagant à leur revolver en 7,5 mm, à la seule différence du sens d'ouverture de la portière, qui pivote vers l'arrière dans le système Abadie original et son adaptation suisse, alors qu'elle pivote latéralement sur le revolver Nagant, ce qui évite tout risque d'accrochage et d'ouverture intempestive lors de la remise à l'étui.

A ceci près, les revolvers serbes sont des copies exactes du modèle suédois, et ne peuvent donc dater de 1874, mais fort probablement d'après 1887, sans doute vers 1890.

Il n'est pas impossible que ces armes soient même postérieures à 1893, ce qui expliquerait que la Norvège ait adopté le modèle suédois proprement dit: elle n'a peut-être pas eu l'occasion de choisir les avantages du revolver serbe.

Extrait du livre de Smeets et Feys : Les revolvers et les fusils Nagant.

 

Le Nagant serbe M1891 est très semblable au M1887 suédois. Il a une platine à double action, vissée à un canon octogonal et la surface du barillet est cannelée. Elle a également une disposition spéciale qui comprend une entaille additionnelle dans le barillet (cercle rouge) à mi-distance du cylindre et de la portière de chargement (flèche) qui agi en tant que sûreté.

Le blocage du cylindre sur ce revolver fonctionne de la façon suivante : Quand la détente est tirée en position arrière, le goujon de détente référencé en tant que "a" sur le schéma l’élévateur s’engage dans une des entailles d'arrêt sur la périphérie de l'anneau du cylindre arrière. Une chambre est alors parfaitement alignée avec le canon. Quand la détente est entièrement libérée, l’avant référencé en tant que "b" s’engage dans l'entaille d'arrêt sur la position médiane (flèche rouge). Ainsi, dans les deux positions de la détente, entièrement relâchée ou libérée, le cylindre reste verrouillé.

 

Celui-ci est en calibre .22.

Il s’agit peut-être d’une arme moins gourmande en munitions, destinée à l’entraînement des troupes.

L’apprentissage au tir était également facilité par un recul moins impressionnant pour le tireur néophyte.

Ou alors d’une arme destinée au tir sportif, c’est possible mais l’un n’empêche pas l’autre. La longueur du canon plaide pour ce type d’arme.

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