Francisco ARIZMENDI

Il s’agit d’un revolver de type "Puppy" (petit chien), par contradiction avec le revolver de type "Bull dog".

Il est en calibre 6mm vélodog.

Le canon est rond et le guidon ne se trouve pas à l’extrémité du canon. Cette pratique vient du fait que cette arme était destinée à l’exportation, probablement l’Allemagne ou l’Autriche-Hongrie.

Au hasard des bourses d'échange, on rencontre parfois des revolvers de petit calibre pourvus d'un canon exagérément long (Plus de 18 cm), et dont le guidon est placé au milieu de la longueur de ce canon au lieu d'être en bout.

La plupart du temps également, la portion de canon se trouvant au-delà du guidon n'est ni alésée, ni rayée. Ce qui est le cas de celui-ci !

Ces armes sont en fait des "invendus". Elles étaient originalement destinées uniquement à l'exportation vers l'Autriche-Hongrie. Afin de protéger son industrie armurière propre, ils avaient édicté une loi stipulant qu'un revolver ne pouvait être accepté à l'importation que si son canon avait une longueur minimale de 18 cm. (Loi datant de 1852 et parlant de "7 pouces Viennois", c'est à dire à peu près 18 cm).

Cette longueur exagérée, sur une arme de poche, rendait son usage et son port malaisé.

Or, il se trouve que cette loi n'était d'application que pour les formalités douanières à l'importation, et ne s'appliquait plus aux armes une fois déclarées.

De concert avec leurs clients, les armuriers ont donc tourné la difficulté en équipant leurs armes de canons plus longs mais avec le guidon placé au milieu de la longueur. Ces armes étaient envoyées "en blanc" aux importateurs allemands, qui les faisaient éprouver à Ulm et ensuite sciaient le canon à un cm au-delà du guidon, avant de terminer l'arme.

La même loi stipulait que les pistolets à un coup ne pouvaient être importés qu'à raison d'un seul canon pour deux pistolets. Le problème fut résolu en produisant des canons de longueur double, filetés de chaque côté, avec à chaque bout...un pistolet. Il suffisait donc de scier le tube en deux pour obtenir une paire de pistolets identiques.

Petits malins...

La crosse en bec de corbin est dotée de deux plaquettes, en bois de noyer, finement rayées.

Les plaquettes sont réunies par une vis traversante et deux rosettes.

L’alimentation se pratique par une portière latérale droite, actionnée par un ressort interne.

Les douilles sont enlevées par la baguette fixée sur l’axe de barillet. Elle doit être insérée tout à tour dans chaque drageoir pour enlever la douille qui s’y trouve.

La détente est repliable pour permettre de mettre l’arme en poche.

Les marquages :

Les différents poinçons sur le tonnerre et le canon sont ceux du banc d’épreuve espagnol.

Le R dans la grenade est le poinçon d'épreuve finale pour revolvers à Eibar (Espagne) entre le 14.12.1929 et le 9.7.1931. Un seul coup tiré pour chaque chambre, avec une charge excédant la charge normale d'au moins 30 %. (Pour la comparaison, à Liège on tire 4 coups par chambre avec une charge double !!)

Le blason avec une croix de St André : banc d'épreuve d'Eibar après juillet 1931

Le E étoilé : Lettre annale de 1932 signifiant que l’épreuve a été effectuée cette année-là *

FA dans un logo avec une étoile et un croissant : C’est la marque de Francisco ARIZMENDI, de Eibar.

Il affectionnait le croissant (?) dans ses marques de fabrique...

Alain

(*) Depuis 1927 toutes les armes espagnoles, testées par le banc d'épreuve officiel de Eibar, sont marquées ou gravées, en général sur la carcasse, par des lettres qui représentent l'année de fabrication.

Marcel / Roberto / Philippe / Michel / Alain

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