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Les revolvers 1892 civils
Le revolver réglementaire modèle 1892 est
l’une des armes de poing iconiques de la fin du 19ème siècle.
Fabriqué par la
Manufacture d'armes
de Saint-Étienne,
il fut l'arme de poing réglementaire de l'Armée française
jusqu'à son remplacement par les pistolets semi-automatiques
MAS 1935
et
MAC 1950.
Les réglementaires pour l'armée ont été construits à environ 335.000
exemplaires entre 1892 et 1924, et ont servi dans l'armée, la
gendarmerie (jusqu’en 1954) et les colonies.
Leur histoire est bien établie et est
disponible à partir de nombreuses sources comme le "Hors-série" n° 3 de
la Gazette des Armes, ainsi qu’un ouvrage de 272 pages par Jean Huon et
Alain Barrelier, voir la partie « bibliographie et sources ».
Sur Internet, on dispose de plusieurs études
très détaillées, voir :
https://www.revolver1873.fr/revolver-1892-saint-etienne.php
http://armesfrancaises.free.fr/revolver%20Mle%201892.html
Pour des photographies et des informations
sur le revolver 1892 réglementaire, ainsi que quelques variantes,
voir sur le site :
https://www.littlegun.info/arme%20francaise/saint%20etienne/a%20mas%20revolver%201892%20fr.htm
https://littlegun.be/collection%20privee/france/a%20fr%201892%20st%20etienne%20fr.htm
On ne connaît pas le nombre exact de la
production marquée d’un I devant le n° de série (sans date, mais
vraisemblablement 1916) et il semble qu'il n'y ait pas eu de « série
lettre J ». La production de guerre commence en 1914 au n° 55371, la
série H s'arrête au n°97716, et la série I connue va du n° 281 au n°
10223, mais semble durer jusqu’en 1921. Le plus haut n° connu en 1921
est le 19188. Un grand mystère est la série commençant par K. Selon
certaines sources, cette série (1892 et 1895 connus) aurait été destinée
à l'armée roumaine, mais personne ne semble avoir vu un seul de ces
revolvers. Seuls deux n° de série sont connus : le n° K108 daté de 1892,
et le n° K10390 millésimé 1895. Jusqu'ici, personne ne semble avoir tenu
en main un seul de cette énigmatique série.
Parallèlement, la production de revolvers
modèle 1892 à destination du marché civil s’est considérablement
développée dès son origine jusqu’aux alentours de la première guerre
mondiale. Divers fabricants de plusieurs nations ont commercialisé leurs
variantes civiles qui méritent d’être étudiées. Les copies, tant
françaises que belges, sont d'excellente qualité et présentent une
finition impeccable.
En
France :
Manufrance fut un distributeur essentiel de
cette production à destination civile. On trouve sur les revolvers 1892
civils commercialisés par Manufrance le poinçon caractéristique de la
firme montrant deux canons croisés et une flèche, entourés des lettres M
et F, voir sur le site :
https://www.littlegun.info/arme%20francaise/saint%20etienne/a%20a%20manuf%20bull%20dogs%20fr.htm
On rencontre souvent les lettres A et F sur
les 1892 civils, ce qui signifie « Acier Forgé ». Le modèle « Acier
Forgé de St-Etienne » commence peu après 1900 et ce marquage appartient
à la firme Lamure & Gidrol. La marque du Banc d'Epreuve civil est
remplacée par l'anneau de calotte précédé du nom St-Etienne, et apposée
sur le canon et le barillet. Preuve qu'à ce moment, L&G possède
officiellement son propre banc d'épreuve et sa propre marque d'épreuve.
Ces armes sont marquées de la même façon que les réglementaires sur le
canon (Mod 1892, et 2 poinçons de contrôle, millésime précédé de la
lettre S).
Pour des informations sur Lamure & Gidrol,
voir sur le site :
https://www.littlegun.info/arme%20francaise/artisans%20k%20l/a%20lamure%20et%20gidrol%20fr.htm
Après août 1914 et le début de la première
guerre mondiale, le conflit entraîne la disparition de beaucoup de
main-d'œuvre masculine, ce qui provoque l'arrêt de la production du
modèle « Acier Forgé » en 1915. Elle reprendra en 1918 pour quelques
mois, puis sera définitivement abandonnée. Le dernier exemplaire porte
le n° de série H33313. Toutes les variantes additionnées conduisent à
une production totale de plus de 50.000 revolvers copies de 1892
fabriquées par L&G entre 1894 et 1918.
Lamure & Gidrol est apparemment le seul
armurier à avoir produit ces revolvers POUR Manufrance. Le grand modèle
ne porte PAS le marquage officiel de St-Etienne, et la goupille - axe du
percuteur est bien visible sur la tête du chien.
Le logo de L&G est un anneau de crosse de
revolver pourvu de sa tige à gorge, avec les lettres L et G inscrites
dans l'anneau. Leurs revolvers portent ce poinçon parfois à l'intérieur
de la plaque-pontet amovible. Contrairement au Modèle Réglementaire, sur
les L&G les axes de chien et de détente ne traversent pas,
caractéristique également rencontrée chez les copies belges.
NB : LES PIECES NE SONT PAS INTERCHANGEABLES
avec celles des exemplaires réglementaires, ce qui était une demande
expresse de l’armée.
Le petit modèle à 5 coups destinés aux agents
en civil et marqué « St-Etienne » en cursive sous le barillet côté
droit, porte le même poinçon et est également fabriqué par Lamure &
Gidrol (arme très rare). Le musée de Liège en possède un exemplaire
numéro de série 96.
D'autres armuriers (non agréés par la Manuf)
sont Forges et Aciéries de la Marine, Balp, Berger, Brun-Latrige,
Favier-Combet, les armes Favourite, Gaucher, Gerest, Rivolier,
Verney-Caron, Voytier. Ces armuriers, tous de St-Etienne, vantaient et
proposaient cette arme dans leurs catalogues... Mais tous passaient par
Lamure & Gidrol (2 rue d'Annonay en 1892, puis 23 Cours Fauriel).
Dans les curiosités, on connaît au moins :
-1 exemplaire poli blanc ou plaqué argent et
richement gravé.
-1 exemplaire réglementaire entièrement
plaqué or offert à feu l'acteur Michel Simon.
- Au moins 1 exemplaire à très long canon
accompagné d'une crosse squelette amovible permettant d'en faire une
carabine.
En
Belgique :
La production et la plupart des identités des
fabricants restent inconnues à ce jour...La grande différence avec les
modèles de la MAS est que les revolvers fabriqués en Belgique ont
un rayurage à droite, alors que ceux produits en France ont tous un
rayurage à gauche. Certains auteurs prétendent que la finition belge est
moins bonne, mais en présentant un exemplaire entièrement gravé qualifié
(avec raison) de remarquable.
On trouve trace sur internet de revolvers 92
belges ayant été proposés sur des sites d’enchère spécialisés. Certains
d’entre eux sont poinçonnés d’initiales de fabricants, ce qui permet
d’en identifier certains. Par exemple, on connaît des exemplaires
fabriqués par Jean-Baptiste Rongé (initiales JBR sous couronne), ou
attribués à Emile Warnant (initiales EW) et Jacques Gilon (initiales
JG), entre autres...
En
Espagne :
Nous avons ensuite les fameux « 92
espagnols » fabriqués à Eibar dans le calibre 8 Lebel (voir le NB
ci-dessous) pour l'armée française à court d'armes de poings et le
calibre .455 pour l'armée anglaise, par Orbea Hermanos, Arizmendi,
Trocaola Aranzabal et autres Garate Anitua qui proposent également une
copie du Colt New-Service et du S&W Military & Police. Pour l'armée
Anglaise, ils présentent une copie du S&W n° 3 DA à brisure en calibre
.455 Eley.
Ces commandes en Espagne représentent
ensemble plus de 500.000 pièces.
Beaucoup de collectionneurs dénigrent ces
armes espagnoles de finition frustre par rapport aux modèles originaux ;
mais on sait en revanche que les soldats des tranchées étaient très
heureux de les avoir, et ne se plaignaient pas de mauvais fonctionnement
ou autres défauts, ce qui dans ces conditions était quand même plus
important que la finition extérieure.
On notera cependant que ces « 92 espagnols »
ne sont pas des copies conformes du revolver d’ordonnance français mais
plutôt des hybrides de S&W ou de Colt, voir :
https://www.revolver1873.fr/revolver-1892-espagnol.php
NB :
L'appellation « Lebel » est erronée, tant pour le fusil que le revolver.
Selon les uns, le lieutenant Lebel était le président de la Commission
des Armes, selon d'autres il n'aurait que participé au développement de
la munition. Le revolver est dû aux ingénieurs de la MAS et est sans
doute le meilleur revolver français d'avant 1900 ; le fusil 1886 est une
séquelle du Kropatcheck et le tout premier fusil conçu pour
l'utilisation de la poudre nitro.
Divers :
Une source indique que les Nord-Vietnamiens
en ont fabriqué des copies approximatives de qualité exécrable dont 2 ou
3 exemplaires ont été trouvés sur des Viet-Congs par des soldats
américains.
Bibliographie et sources :
LE 1892 - LE REVOLVER DE LA REVANCHE, Sous la
direction de Marc de Fromont, Hors-série n°3 de la collection de la
Gazette des Armes
Le revolver
Modèle 1892 et ses variantes, par Jean Huon et Alain Barrelier,
Les éditions du Brevail, 272 pages.
Marcel (Avec la complicité de Chris pour la mise en forme et quelques recherches complémentaires)
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