Les plus belles réalisations de cet artisan, et bien d’autres encore, se trouvent dans le livre "Les armuriers Liégeois à travers leurs réalisation. 1800 - 1950".
Pour tous les détails voir : LES ARMURIERS LIEGEOIS
SOLEIL Léonard
Il s’agit d’un
revolver "Soleil" largement décrit sur le site.
Ce revolver est conçu à partir du système de l’ingénieur Ismaël ABADIE.
Selon l’ouvrage de TAYLERSON :
« La modification ABADIE était la simplification même, car elle se limitait seulement à entraîner le placement d’une came appropriée sur la partie interne de l’axe de portière de chargement.
Lorsque l’on abaissait cette portière, l’axe pivotait et la came qui y était incorporée repoussait vers l’arrière le mentonnet, rompant ainsi la liaison entre le chien et la détente.
La détente ne faisait que soulever le linguet afin de provoquer la rotation du barillet sans pour cela armer le chien.
Lorsque la portière de chargement était ouverte, et le chien était mis au repos, la détente pouvait être pressée à coups répétés sans pour cela qu’il y eût une mise à l’armé du chien !
Voilà pourquoi il n’était pas possible de faire feu avec l’arme pendant qu’on la chargeait ou déchargeait.
Les chambres se trouvaient alignées rapidement et automatiquement, sans enrayage aucun, lors du déchargement ou lorsqu’il fallait se servir de la tige éjectrice pour enlever les douilles contenues dans le barillet.
Après 1887, on mit en pratique un système de sécurité additionnel. Si la portière de chargement était en position d’ouverture, le revolver ne pouvait pas être mis au cran d’armé.
Autre cas de figure, le chien était préalablement à l’armé, si l’on actionnait ensuite la portière, il pouvait s’abattre mais sans arriver en fin de courses pour percuter.
Ce type de sûreté n’était pas
une prodigieuse nouveauté dans la construction des armes à barillet ; une idée
semblable de Michaël KAUFMANN également d’origine liégeoise, l’ayant déjà
précédée, et le revolver anglais à extraction automatique réglementaire Enfield
comprenait également pour sa part une sûreté de portière ».
Ce revolver, robuste, sûr et
bien conçu, fut adopté à partir de 1875 par l’armée portugaise et produit par L.
SOLEIL à Liège. Dans ce cas l’arme portait le poinçon de contrôle et de
réception FA (Fabrica de Armas) des autorités portugaises.
12 000
exemplaires sont livrés entre 1878 et 1886. Le Portugal devient ainsi le premier
pays à adopter une
munition
de moins de 10 mm pour une arme de poing, avec un calibre de 9 mm. Voir :
https://www.secondeguerre.net/armement/armes-dinfanterie/revolver-modele-1886-abadie/
Plusieurs
armuriers portent le patronyme de SOLEIL selon le « Qui est qui de l’armurerie
liégeoise », à savoir Joseph (BE 1872-1885), Léon (BE 1885-1897), Léonard et
Louis. Il est connu que c’est l’armurier
liégeois Gustave PREVOST, fabricant d’armes rue du Pot d’Or, 27 à Liège qui est
à l’origine l’acquéreur des brevets d’Ismaël Isaac ABADIE.
En 1881, il a revendu ses brevets à Léonard
SOLEIL, armurier liégeois également et y demeurant rue St Léonard, 477.
Le 13 juin 1889, Léonard SOLEIL à la veille de
se retirer, rétrocède sa propriété des brevets ABADIE à son fils Léon qui en
poursuivra l’exploitation jusqu’en 1897.
L’exemplaire examiné ici fait partie du contrat
portugais et a donc été fabriqué entre 1881 (date de cession du brevet à
l’armurier Soleil) et 1886 (limite de la fourniture au Portugal).
Cet intervalle de dates indique que l’arme provient
des ateliers de Léonard Soleil, son fils Léon
ne disposant des brevets qu’à partir de 1889. Il est cependant possible, voire
probable, que ce dernier ait collaboré avec son père Léonard avant de reprendre
seul l’entreprise.
Marquages :
L. Soleil Ft à
Liège : marquage du fabricant Léonard Soleil
Système Abadie
Breveté
FA sous
couronne Fabrica de Armas : poinçon de contrôle et réception des autorités
portugaises : contrat portugais
ELG sur étoile
en ovale : banc d’épreuve du 8 septembre 1846 au 11 juillet 1893
D sous
étoile : poinçon du contrôleur à partir du 27 janvier 1877
Chris, HPH, ![]()